3 familles d'aliments bons pour la prostate

3 familles d'aliments bons pour la prostate

Problème de santé publique, la mauvaise alimentation (aussi nommée malbouffe) cause, chaque année, près d’une dizaine de millions de décès dans le monde. Ces mauvaises habitudes alimentaires fragilisent l'organisme et favorisent l’apparition ainsi que la virulence des maladies chroniques. C’est notamment le cas avec la prostate, une glande masculine, très sensible à l’alimentation. 

Liée au système reproducteur masculin et située dans le petit bassin, juste sous la vessie et devant le rectum, la prostate a pour fonction principale de produire du liquide séminal. Cet organe, articulé autour de 4 lobes (antérieur, médian, latéral et postérieur), joue un rôle crucial dans l’érection masculine. Comparable dans sa forme à une châtaigne, la prostate pèse en moyenne 20 à 25 grammes.

Avec l’âge, la prostate grossit. D'ailleurs, son développement commence dès la puberté, en doublant de taille. Plus la prostate grossit, plus cette dernière s’appuie sur la vessie et sur l'urètre, ce qui peut gêner les hommes au quotidien. À partir de 60 ans, près de 60 % de la gent masculine, souffre de problèmes à la prostate, plus précisément d'hypertrophie (augmentation anormale de volume d'un organe). Plus grave, le cancer de la prostate représente près de 25 % des cancers masculins. Il se situe au 1er rang des cancers chez l'homme, devant le cancer colorectal et des poumons. Ce cancer survient, dans 66 % des cas, chez des hommes âgés de 65 ans et plus.

Même s’il est difficile de freiner l’impact du temps sur la prostate, il est tout de même possible d’agir pour entretenir sa pérennité et sa bonne santé. Par exemple, l’alimentation, souvent négligée, peut jouer un rôle face à l'hypertrophie ou face au cancer de la prostate. Voici pour l’occasion 3 familles d’aliments bons pour la prostate.

Les agrumes

Du latin médiéval acrumen, signifiant “saveur âcre", les agrumes sont des arbustes aux fruits colorés et aux goûts généralement acidulés. Cultivés depuis des millénaires, les agrumes sont originaires d’Asie, plus précisément de Chine, d’Indonésie ou encore du Japon… Aujourd'hui, les agrumes sont cultivés un peu partout : en Europe (Espagne, Italie, Grèce, Turquie…), en Amérique du Nord (Mexique, Floride…) et du Sud (Argentine, Brésil…). Dans l’Hexagone, la grande popularité des agrumes la précède. Pour preuve, derrière la pomme, l’orange est le fruit le plus consommé en France. 

Appréciées et recherchées pour leurs couleurs, leurs parfums, leurs formes ainsi que leurs vertus médicinales, la liste des agrumes est riche et variée

  • Orange
  • Citron jaune/vert/caviar
  • Clémentine
  • Pamplemousse
  • Mandarine
  • Kumquat
  • Etc.

Les agrumes sont habituellement connus pour renforcer l’immunité, favoriser la digestion et protéger le cœur. Mais, ils sont également réputés pour aider globalement la santé de la prostate et limiter les complications de cette dernière face au cancer. Tout réside dans les éléments nutritifs présents dans les agrumes, les flavonoïdes et la pectine

  • Les flavonoïdes sont des pigments naturels présents dans les plantes, la peau des fruits, les agrumes et les légumes. Doués de vertus antioxydantes ainsi qu’anti-inflammatoires, les flavonoïdes agissent contre le cancer en protégeant l’organisme et en contribuant aux mesures de prévention. 
  • La pectine est une substance organique végétale présente dans les pépins ainsi que la peau de certains fruits et légumes. Comme pour les flavonoïdes, la pectine possède des propriétés antioxydantes et “ralentit” la propagation des cellules cancéreuses de la prostate.

Pour justifier les nombreuses vertus des agrumes sur la prostate, plusieurs études scientifiques ont été menées. L'une d’elles, réalisée auprès d’une soixantaine de personnes, visait à analyser et à comprendre l’effet de la pectine d'agrumes dans le cancer de la prostate. Après 6 mois de traitement articulé autour de pectine modifiée, aucun patient n'a développé de toxicité de grade 3 ou 4 et des résultats favorables ont été examinés. 

Autre étude notable, cette fois-ci centrée autour des flavonoïdes d'écorce d'agrumes. Réalisée en 2013, cette étude visait à poser les fondements scientifiques d’une nouvelle approche thérapeutique non toxique : la consommation de fruits et légumes pour traiter le cancer de la prostate. Après plusieurs mois, les données ont démontré que le traitement réduisait considérablement les poids (inhibition de 57 % à 100 %) et les volumes (inhibition de 78 % à 94 %) des tumeurs, sans aucune toxicité observée.

Routine alimentaire hebdomadaire : Pour le bien-être de votre prostate et également faire le plein de vitamine C, pensez de ce fait à consommer une orange, une clémentine, un pamplemousse ou une mandarine plusieurs fois dans la semaine, à la suite du repas ou le matin au petit déjeuner. 

Les légumes verts / légumes secs

Riches en vitamines ainsi qu’en minéraux, les légumes verts désignent une famille de légumes comestibles et regroupés sur la base de critères variables. Le terme “légume vert", ne désigne pas systématiquement la couleur des végétaux, mais elle désigne plutôt la fraîcheur de ces légumes.

Sous l’appellation légume vert, on retrouve près d’une trentaine de légumes différents

  • Artichaut
  • Asperge
  • Aubergine
  • Brocoli
  • Blette
  • Épinard
  • Mâche
  • Roquette
  • Poireau
  • Courgette
  • Etc.

Victime d’une mauvaise réputation, les légumes verts sont pourtant faciles à cuisiner et très bons pour l'organisme. Par exemple : les légumes verts de la famille des crucifères (brocolis, chou, navet…) aideraient à prévenir l’apparition de certains cancers, dont celui de la prostate. Autre légume vert populaire, la tomate, qui elle permettrait de réduire le risque de développer un cancer de la prostate et réduirait par la même occasion le grossissement de la prostate lorsqu'elle est atteinte d’HBP (d'hypertrophie de la prostate). La raison des bienfaits de la tomate est due à son haut taux de lycopène. 

Le lycopène, pigment naturel appartenant à la famille des caroténoïdes, a été l’objet d’une étude pour démontrer ses effets inhibiteurs face à une hyperplasie bénigne de la prostate. Réalisée auprès de 40 personnes atteintes d’HBP, l’étude a démontré que sous lycopène la prostate s'arrête de grossir et inhibe donc la progression d’hypertrophie de la prostate.

L’ail et l’oignon apparaissent également comme deux légumes/condiments capables de soutenir, d'aider et de soulager la prostate face à ses propres maux. Comme le prouve une étude analysant la relation entre la consommation d'oignon et d'ail et l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). 

Routine alimentaire hebdomadaire : Veillez à consommer régulièrement des légumes, sans pour autant trop les cuire, sous peine de perdre leurs principaux éléments nutritifs. Dans votre semaine, essayez de varier les légumes. Exemples : des tomates au début de la semaine, des choux le mercredi et des épinards avant le week-end. Enfin, il est très important de s’assurer que ses légumes soient frais.

Légumes secs

Autre catégorie de légume, les légumineuses (aussi nommées légumes secs) sont des plantes dont les graines sont contenues dans des gousses. Ces graines, récoltées dès leur maturité, sont comestibles pour l’homme et hautement vertueuses pour l’organisme.

Comme pour les légumes verts, il existe une liste variée de légumes secs : 

  • Lentilles 
  • Pois secs / pois chiches
  • Fèves
  • Haricots
  • Lupins
  • Etc.

Afin de démontrer l’efficacité des légumes secs face aux problèmes de prostateune méta-analyse (regroupement de plusieurs analyses) a été réalisée en 2017 par deux scientifiques d'origine chinoise, Jie Li et Qi-Qi Mao. Cette méta-analyse regroupe une dizaine d’articles (huit cohortes) et près de 281 034 individus. Après plusieurs mois de recherche, les scientifiques ont conclu que : “ la méta-analyse dose-réponse a indiqué que le risque de cancer de la prostate était réduit de 3,7 % pour chaque augmentation de 20 grammes par jour de consommation de légumineuses. En conclusion, les résultats de cette méta-analyse suggèrent qu'une forte consommation de légumineuses est associée à une faible incidence de cancer de la prostate.”

Routine alimentaire hebdomadaire : Riche en fibre, en éléments minéraux, en fer et en calcium, les légumes secs sont une aubaine nutritive pour le corps. La consommation des légumineuses est comme celle des légumes verts, elle peut varier au fil de la semaine.

Les caroténoïdes

Du latin “Daucus carota”, signifiant aujourd'hui carotte sauvage en français, les caroténoïdes sont des pigments naturels. Le plus souvent de couleur orange et jaune, ils sont présents dans les fruits et légumes, mais pas que… Les caroténoïdes sont aussi présents dans les plantes, les animaux et chez l’être humain. Chacun d’eux possède des bienfaits uniques. Exemple : chez les plantes, ils protègent la chlorophylle contre l’oxydation et participent à la photosynthèse.

Terme très large, les caroténoïdes illustrent une famille d’aliment aussi bien qu’une famille de molécule (lutéine, zéaxanthine, lycopène, bêta-carotène, cryptoxanthine et l’alpha-carotène), apportant plusieurs bienfaits à l’organisme. À ce jour, on recense près de 600 caroténoïdes différents, dont une quarantaine appartiennent au registre alimentaire :

  • Carotte 
  • Patate douce
  • Abricot
  • Melon
  • Courge
  • Pêche
  • Goyave
  • Tomate
  • Etc.

Précurseurs essentiels de la vitamine A, les caroténoïdes seraient également des alliés de taille pour la prostate. Grâce à un caroténoïde en particulier, le lycopène. Antioxydant exceptionnel, il permettrait de faciliter à la prévention du cancer de la prostate. On trouve cette molécule dans plusieurs fruits et légumes : pastèque, pamplemousse rose, papaye…

Principale source de lycopène, la tomate est un allié alimentaire de choix pour la prostate. Une consommation régulière permettrait, selon plusieurs études scientifiques, de jouer un rôle de prévention face au cancer de la prostate et permettrait de réduire le symptôme d’hypertrophie. Selon les chercheurs, la consommation d’au moins dix portions de tomates (ou de préparations à base de tomates) par semaine diminue de près de 20 % le risque de développer un cancer de la prostate. 

Routine alimentaire hebdomadaire : Dans la semaine, veillez à alterner fruits et légumes à base de caroténoïdes. Ils permettront dans un premier temps de faire le plein de vitamines A et d’éliminer les cellules toxiques présentes dans l’organisme. Dans votre semaine, n'hésitez pas à consommer de la tomate. Ce légume fera la différence pour le bien-être de votre organisme.

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